
JEANNE DE BOULOGNE ET D'AUVERGNE
(1378 - 1423)
Jeanne de Boulogne épouse en 1389, à Riom, le duc de Berry (frère du roi Charles V)... Le duc a 50 ans, elle, à peine 12.
Après une vie passée à la cour du roi Charles VI, elle devient veuve en 1416 et épouse la même année, le baron Georges de la Trémoïlle.
Ce personnage, cupide et plutôt cruel, n'a voulu ce mariage que pour obtenir les biens de Jeanne.
Celle-ci, qui se rend compte de la véritable personnalité de son mari, le quitte vers 1418 et se réfugie au château du Castela, à Saint-Sulpice.
Ce château lui appartient, car il lui fût donné en dot lors de son premier mariage, par Gaston Fébus (Comte de Foix et du Béarn) qui avait élevé Jeanne, abandonnée par sa mère à l'âge de 3 ou 4 ans. La mère de Jeanne, Aliénor de Comminges avait donné (ou vendu) la seigneurie de Saint-Sulpice à Gaston Fébus, en échange de la tutelle de sa fille.
Complètement ruinée, Jeanne n'a pas d'autre choix que d'avoir recours à la fabrication de fausse monnaie pour survivre. Elle utilisera donc le souterrain situé sous le château pour battre la monnaie et frapper un véritable trésor!
Très vite Georges de la Trémoïlle fomente un complot contre Jeanne, en l'accusant, auprès du roi Charles VII, de fabriquer de la fausse monnaie. Le roi le croit et demande au Sénéchal de Toulouse d'aller arrêter Jeanne à Saint-Sulpice. Elle perd ainsi titres et privilèges et on commence à la surnommer "la faussaire de Saint-Sulpice".
Mais celle-ci, avertie de son arrestation, réussit à s'enfuir jusqu'à Roquecourbe où Jacques II de Bourbon, un ami, la recueille. C'est là qu'elle finira sa vie quelques mois après (fin 1422-début 1423).

GASTON FEBUS LE PRINCE SOLEIL
Gaston Fébus (ou Phoebus) est l'archétype du seigneur féodal :
brave, magnifique, ami et protecteur des lettres (ami de Froissart), passionné de chasse (il écrit le célèbre Livre de la Chasse), et de guerres.
Né en 1331 au château Moncade d'Orthez,
Gaston III , orphelin de père à 12 ans (1343), hérita d'un ensemble féodal important.
Il gouverna le comté de Foix de 1343 jusqu'à sa mort en1391, au retour d'une chasse.
Sa mère Eléonor de Comminges était seigneuresse de Giroussens, Fiac, Cadalen, Terssac et baronne de Lombers.
Son oncle, Robert de Foix devint évêque de Lavaur en 1358.
Le 4 février 1381, la réunion des députés du Languedoc, ceux d'Albi, Castres et Toulouse, lui reconnurent les pleins pouvoirs.
Le gouverneur, le Duc de Berry appela à son aide le 18 février le Comte Jean II d'Armagnac.
Le 12 mars, Fébus reçut les consuls d'Albi au château de Giroussens.
Le 15 mars avec Guillaume de Rabastens, vicomte de Paulin et Philippe de Lautrec-Vénès, Fébus se rendit maître du Sud du Tarn.
Le roi demanda au sénéchal de Toulouse d'abandonner la cause du Comte de foix mais celui-ci refusa.
En Mai 1381, Fébus avec 400 partisans occupa Bruniquel, puis Albi, Mirandol et Thuriès.
Le duc de Berry et son beau-frère Armagnac s'apprétèrent à la riposte.
Le comte de Foix reçut l'appui de Pierre d'Aragon.
Ce qui poussa le Duc de Berry à traiter avec lui.
Entre le 20 et le 24 juin 1381, les Ducs de Berry et d'Armagnac se retrouvèrent à Millau et à Albi.
Le 21 juillet, les gens de Fébus et ses routiers menés par son bâtard Yvain de Lescar les battaient à Saint-Pierre de Bracou, près de Rabastens. 2000 pillards furent passés au fil de l'épée, jetés dans le Tarn ou menés prisonniers en pays de Foix.
7 drapeaux furent enlevés au Duc de Berry afin d'éviter que les rescapés ne prirent Saint-Sulpice.
Fébus donna l'ordre d'abattre le pont sur l'Agoût.
Plus tard il bat encore le Duc de Berry à Revel, qui se déroutera sur Toulouse avec le duc d'Armagnac.
Fébus convoqua les Etats du Languedoc où il se fit reconnaître comme protecteur du pays.
Le 14 juillet 1381, l'Evêque de Landres envoyé par le Pape le rencontrera à Mazères.
Il renonça alors à son rêve de Royaume d'Occitanie.
Durant l'hiver 1382, dans un accès de colère, il tua son fils Gaston, âgé de 20 ans.
A Pâques, il fit la paix, à Capestany avec le Duc du Berry.
FEBUS SERA SEIGNEUR A SAINT SULPICE DE 1381 A 1391
Il est à l'origine de l'édification du magnifique clocher-donjon ( 40 mètres de haut) qui domine la Bastide de Saint-Sulpice.

JEAN DE BERRY
Jean, duc de Berry est né au château de Vincennes le 30 novembre 1340, il était le troisième fils du roi de France Jean le Bon et de Bonne de Luxembourg. S'il n'est jamais monté sur le trône, Jean de Berry avait pour frère, le roi Charles V.
Il fut formé avec son frère, le futur duc de Bourgogne.
C'est en 1360 qu'il reçoit en apanage les duchés de Berry et d'Auvergne et 9 ans plus tard, Charles V ajoute le Poitou que le duc de Berry avait regagné sur les Anglais.
Le duc de Berry est donc Fils de roi, frère de roi et oncle de roi.
Son action politique se développe surtout après la folie de Charles VI, il est d'un naturel conciliateur, et a de réels talents diplomatiques, il négocie avec l'Angleterre, met fin au grand schisme qui divisait la chrétienté d'Occident et cherche à rétablir la paix dans le Royaume à la suite des éternelles rivalités entre Bourgogne et Orléans.
Il a 12 ans lorsque son père l'emmène dans de frénétiques chasses à cour, mais il avait des compensations plus calmes, il fait connaissance dès son jeune âge avec le luxe, il a son hôtel personnel à 12 ans, et possède déjà 24 serviteurs, comme le rappelle Emile Meslé.
En 1389, veuf, il épousera une jeune fille de 12 ans Jeanne de Boulogne et d’Auvergne, élevée par Gaston Fébus, comte de Foix et de Béarn
Afin de permettre au roi Jean le Bon prisonnier de revenir en France, Jean de Berry prend la place du roi et se retrouve en otage à Londres. Lorsque le roi revint à Londres, Jean fut le seul fils à rester avec le roi. Cette prison était tout de même dorée, Il fut très sensible "à la courtoisie du roi Edouard III qui organisait des fêtes et des joutes pour les exilés.
En 1407, après l'assassinat de Louis d'Orléans, il devient le chef de la fraction dite des "Armagnacs", lesquels étaient particulièrement détestés par le peuple de Paris. Son château de Bicêtre sera pillé.
En 1412, il est assiégé à Bourges par les Bourguignons.
Il est dans la guerre contre les Anglais et à la fin de sa vie, en 1415, il assiste de loin au désastre d'Azincourt.
Le duc de Berry a donc vécu dans une période trouble et dramatique faite de guerres et de complots.
Jean de Berry fut un bâtisseur tout au long de sa vie.
On lui doit des monuments remarquables mais, malheur de l'Histoire, peu sont arrivés intacts jusqu'à nous. Il construisit la Sainte Chapelle de Bourges, il embellit le palais de Poitiers, restaure celui de Clain.
Comme il voyageait beaucoup, il aimait se retrouver "chez lui", c'est à dire sur une de ses terres, d'où les résidences de Nonette en Auvergne, Lusignan en Poitou, Genouilly en Berry, mais aussi Giens, Montargis, Etampes et Dourdan. A Paris il possédait l'hôtel de Nesle et le château de Bicêtre ainsi que cette merveille située à 15 kilomètres de Bourges, le château de Mehun-sur-Yèvre.
Son maître d'oeuvre, pour une part importante de ces édifices fut Guy de Dammartin. Jean de Berry aimait la compagnie des artistes, comme André Beauneveu le sculpteur, ou Paul de Limbourg à qui l'on doit une partie des Très Riches Heures du duc de Berry.
Jean de Berry aimait les livres et les beaux livres. Il lui arrivait d'en acheter, mais aussi d'en faire fabriquer. Sa bibliothèque était une des plus belles de France, sans égaler celle de son frère au Louvre, Charles V, mais il avait la qualité des livres et des manuscrits. On a dit de lui qu'il était "le prince des bibliophiles français".
LES TRES RICHES HEURES du DUC DE BERRY
(cliquez sur les images pour les agrandir)
NOS CONTEMPORAINS

Georges Spénale
Un buste de ce personnage célèbre orne l’entrée de l’Hôtel de Ville et du parc auquel il a donné son nom.
Georges Spénale fut élu le premier Président du Parlement Européen en 1975.
Il fut élu Maire de Saint-Sulpice de 1965 à 1981.
